Funk Vidigal

31 janvier.

Vendredi soir, on m'invite à une soirée dans la favela de Vidigal, soirée Forro/Pagode, classique.
J'arrive en bas, une voiture de police avec deux policiers stationne à l'entrée de la favela, pour faire quoi ? Avertir en cas de début d'échange de tirs.
On monte donc et la rue est animée par les motos-taxis qui transportent les gens qui vont au Bal Funk, une moto me frôle et on m'explique que je suis "sur la route" et je réponds "ben oui, il y a pas de trottoir". Bref, derrière une des motos se trouve un gars avec un fusil. Ambiance.
On monte et on arrive au baraca, bar qui joue des forros, pagodes et sambas. Sympa mais je me dit qu'il y a le bal funk là haut à quelques centaines de mètres, je demande donc si on pourrait aller le voir et on m'explique que c'était prévu...
Pour faire vite, le Baile Funk est une soirée organisé dans la favela par les trafiquants, dans les hauteurs de la favela, dans la rue des fois, la musique est uniquement du baile funk, typique de Rio de Janeiro.
Donc on repart pour grimper là-haut et l'atmosphère deviens étrange, quelques lampadaires éclairent la rue, nous sommes cinq et nous croisons peu de personnes mais la musique augmente au fur et a mesure que l'on avance. Finalement après 5 minutes, se tient au milieu de la rue un mec avec un fusil, le doigt sur la gâchette, bien stressé limite parano, il nous regarde, on passe. C'était le premier contrôle.
A ce moment là, on se dit que tout peut arriver, c'est un mélange de peur et d'excitation comme si on passait une frontière invisible, la police, la loi n'existe plus ici.
Durant la montée, des feux d'artifices sont lancés dans le ciel, illuminant la favela et les montagnes autours. Je monte la tête en l'air comme un gosse qui voit ses premiers feux d'artifices.
Finalement, la foule est devant nous, des gens normaux, ça danse bien, pas de cas sociaux sauf les mecs qui passent avec des fusils, pistolets, ceintures de munitions au milieu des gens.
Le bal est à même la rue, le seul décor est un mur d'enceintes énorme, les motos traversent la foule, les voitures aussi, personne ne bronche.
On m'explique que la musique qui passe ici est différente que celle que l'on entend en bas, ici le funk est "prohibido", les paroles sont changées pour être plus vulgaire, plus violentes.
Le samedi, je me réveille avec un joli mal de tête, je m'aperçois que j'ai dormi habillé sur le sol du salon de mes amis...
Un voisin passe, il y a un anniversaire ce soir, nous sommes invités.
22h : Après être rester dans la maison parce qu'il y avait deux mecs avec des fusils énormes qui discutaient nerveusement devant la porte, nous allons à la fête. Les escaliers sont quasiment à pic, ça n'arrête pas de monter, les ruelles sont étroites, mes épaules ont juste la place de passer. La maison est là, il faut encore grimper pour atteindre la terrasse, ouah la vue est magnifique, comble de tout c'est dans les favelas que l'on a les plus belles vues de Rio, je me retrouve face à la plage d'Ipanema que je vois dans toute sa longueur. Magnifique. Un barbecue est en train de chauffer, poulet, bœuf, saucisson...tranquille. Le gamin souffle ses bougies, pour toutes les photos qu'il va faire après, il tient à garder ses lunettes de soleil, trop marrant, il se croit réellement dans un film de gangster.

2h du mat : je quitte Vidigal après 2 jours en me demandant pourquoi ils sont si heureux alors que des AK 47 chargés sont sous leurs nez en permanence...
Comme je le dis tous les jours : "Cette ville est vraiment dingue"

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